La galerie DX sélectionne les artistes par thème et démontre une passion pour l’art dans son ensemble quand on voit l’éclectisme des collections.
Ils ont exposé plusieurs techniques telles que du pochoir (Jeff Aérosol), de l’art numérique (Catherine Ikam), de la photographie ( Gérard Rancinan), de la sculpture (Sarah Garzoni) et bien entendu de la peinture parcourant plusieurs mouvements, du futurisme au suprématisme, de l’abstrait au portrait.

Galerie_DX.jpg
Je me suis rendu au Vernissage de « Vêtements de l’imaginaire », je me suis dit que des œuvres en lien avec « la mode » était l’occasion parfaite pour parler de la Galerie.
L’exposition présente 3 artistes. Aline Ribière, Sarah Garzoni et Ewa Barthelier dont les œuvres tournent autour du vêtement.

Je commence par la peinture avec celles d’Ewa Barthelier.
Elle peint des robes sur grand format. Pour la plupart des tutus, des robes de ballerines. Les corps s’incarnent dans les robes.
On perçoit la présence de la danseuse, des projections de peinture nous laisse entrevoir le mouvement. Les peintures paraissent farineuses, troubles. Cet effet nous intrigue, nous fige, peut être même nous glace. Peut-être est-ce le fantôme d’une danseuse dont Degas avait peint l’échauffement.

Ewa_Barthelier.JPG
Le vêtement prend forme avec les œuvres d’Aline Ribière.

Aline_Ribiere_2.JPG
Le vêtement peut être imposant, comme avec la robe rouge ou la robe de Japon mais le corps prédomine dans la création.
La rigidité, la complexité de la robe rouge ouvre des fenêtres sur le corps. La robe du Japon, d’une apparente sobriété, blanche, large dégage une extrême sensualité.
En effet, cette robe est composée de plusieurs robes qui se superposent. L’opacité du tissu n’est que le résultat de la superposition d’un voile transparent. L’ensemble se revêt et dévêt robe après robe. Pour commencer avec une robe translucide, près du corps, un corps qui se voilera pudiquement à chaque étape.

Aline_Ribiere.JPG
Mon coup de cœur de l’exposition revient au tableau sur fond rouge de la série « femmes démographiées. Les tableaux de « mues » exposent des « secondes peaux ».
Chaque robe a été moulé directement sur le corps d’une personne puis mis à plat, entre la silhouette peinte et la vitre. Le corps est déformé.
S’imaginer les courbes, l’âge, l’époque même de la personne qui a donné corps à cette toile, visualiser à confection de cette œuvre en fait un tableau sensuellement hypnotique.

On termine avec les sculptures de Sarah Garzoni qui conceptualisent des « critiques » de la mode.
De l’extérieur, le monde de la mode est composé de gens hautains, les audaces des collections ne parlent souvent qu’à ce petit monde fermé, un monde d’apparences dont les vêtements sont autant le reflet des egos des couturiers que de ceux qui les revêtent.

paon.JPG
C’est la réflexion que m’inspire la sculpture « Narcisse, hommage à Isidore et Charles D. ». Une machine à coudre incarnée par un paon dans une posture d’auto contemplation.
Mais la mode c’est aussi les différents styles qui composent la société. Les vêtements sont d’une part la démonstration de notre identité propre et d’autre part l’uniforme qui nous contraint dans nos différents milieux. C’est ce que je ressens de la sculpture corset. D’un extérieur en dentelle blanche, fragile, légère, elle rigidifie le corps, le contraint, lui impose sa posture.

Sarah_Garzoni.JPG
Les dents de requins accentuent l’idée que le vêtement nous « dévore ». L’orientation des dents nous montre qu’il est impossible de sortir de la mode sans dommage.
Peut-être même le corset requin est l’allégorie d’un monstre… un monstre qui est aussi source de fantasmes et peut être moins dangereux qu’il n’y paraît.

L'exposition est visible du 14 Avril au 20 Mai
Galerie D.X
10, place des Quinconces 33000 Bordeaux

jeudi, vendredi, samedi : 14h-19h
lundi, mardi, mercredi sur rendez-vous.
galeriedx33@gmail.com