Voilà quelques temps que je voulais parler d’Anna Radchenko.

J’ai découvert cet artiste photographe à travers sa série « mother love », une série incroyable de réalisme, de détails et dans laquelle beaucoup de gens se reconnaitront.

Tout d’abord un mot sur « mother love ».

On a tous, consciemment ou inconsciemment subi les rêves et les craintes de ses parents. Tu seras « médecin mon fils » « ne fait pas cela, Dieu l’interdit », « fait de la danse, à ton âge j’en rêvais ! »… Et lorsque l’on est enfant, on n’ose pas contredire ses parents. On fait le sport qu’ils ont fait, on s’attarde sur les matières qu’ils préfèrent et on suit le parcours qu’ils auraient voulu faire et à défaut d’avoir du plaisir de suivre ce cursus, on essaie de faire plaisir à nos parents. Après tout, « c’est pour notre bien ».
Ils renvoient sur nous leurs aspirations ratés, leurs rêves déchus, leurs échecs et vivent par procuration ou par projection sur leurs enfants ce qui deviendra pour l’enfant, des aspirations ratés, des rêves déchus et des échecs.
Tout le génie d’Anna Radchenko est dans les détails, les antagonismes présents dans les photos.
Une des images les plus parlantes est la photo de « la danseuse ».
mother love On y voit une mère, négligée, en blouse avec des bigoudis dans les cheveux, obèse en train de consommer à pleine main un sandwich. Elle regarde sa fille avec plaisir et un sourire de satisfaction. A contrario, sa fille en tutu, tient une pose plus rigide, plus stricte, dont la silhouette fine est conclue par un chignon parfait. La fille regarde sa mère. Le regard se porte légèrement au-dessus comme pensif, évasif et vide. Le contraste continue avec le fauteuil, orné de dorure et de feuille, ici symbole d’une matrone régente qui s’oppose avec la tenue formelle de la fille, en retrait, un personnel au service du rêve de la mère.
La comparaison et la profondeur de cette interprétation peuvent être visibles sur les différents clichés dans lesquels on peut comprendre les oppositions entre les désirs et la réalité de l’éducation, la projection des peurs, ou la surprotection des enfants. Peut-être le message est-il de simplement les laisser vivre et tracer leur propre chemin.

mother love
Bien entendu cette série est formidable, mais le talent d’Anna Radchenko, et visible à travers d’autres séries que ce soit en photo de mode, de mariage, portrait ou autre. Anna Radchenko fait partie des artistes photographes qui laissent leur talent s’exprimer à travers divers thèmes tout en nous permettant de voyager dans son univers propre.

mariage
rouge et noir
homo femini
homo femini
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Pour découvrir son travail: www.annaradchenko.com

Vous pouvez voir son atelier dans cet article : http://news.peterandserguei.com/post/ateliersdartistes